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3 axes fondateurs

// Le territoire

sophieFredL’enracinement du projet Format en Ardèche est un choix important et fondateur. 

Ce territoire, par son enclavement et son relief, génère des qualités intrinsèques de temps et d’espace propices à la création et à la fois des contraintes intégrées par Format, qui produisent pour ce territoire, des œuvres et des dispositifs spécifiques. Depuis l'expérience du terrain, s'élaborent la structure associative et la coordination du projet. Nous cherchons à mettre en œuvre une pensée opérante, pragmatique et sans cesse renouvelée. Format repense le cadre, l’accueil, la réception, la disponibilité.

L’Ardèche, de part ses caractéristiques géographiques et son patrimoine naturel préservé, est pour nous cet écrin jusqu'alors fantasmé où nos utopies deviennent aujourd’hui réalités. Cet espace à part constitue alors la source d’une réflexion libre et dynamique.

© Fredo Pijnaken

La notion de territoire à laquelle nous nous attelons est celle d’un territoire de danse, d’un territoire géographique et surtout celui d’un territoire de création.

A la croisée de l'art chorégraphique et de l'art de vivre ensemble, Format travaille à définir un espace sensible entre artiste et public, un espace accessible, où les questions de culture et d’art demeurent centrales.

 

// Le public

festival format 2013 - cie Yann Lheureux

« Nous voulons faire bouger les frontières entre acteurs et spectateurs. C’est trop facile de projeter sur des groupes prédéfinis, des notions d’activité ou de passivité. Le spectateur de danse est lui aussi corporellement actif ». – Michel Repellin, Association A.I.M.E (Associations d’Individus en Mouvement Engagé).

Format est attaché à la présence des artistes et à leur démarche, cultivant les affinités pour un territoire populaire et poétique.

Format travaille à générer des contextes autour et sur la création, pour le public comme pour les artistes. Cette apparente simplicité implique un travail précis et minutieux, afin d’éviter les sentiers battus dont nous connaissons les limites de part notre expérience et notre compétence. Ainsi, pour l'équipe porteuse du projet, penser un territoire de danse, c’est faire usage d’un territoire géographique et humain, au plus proche de ses spécificités. Cette posture engagée du projet tente de reformuler les notions de «sensibilisation des publics» afin de créer du lien, de la dynamique et d’ouvrir les espaces de relation. Porté par une certaine qualité de discrétion, Format souhaite mettre en avant le travail de l’auteur et permettre au spectateur une présence active. L’action dite « culturelle » devient alors inséparable de l’action dite « artistique ». Tout comme les artistes engagés dans la création, le spectateur de danse contemporaine a besoin d’un espace discursif pour mettre sa pensée en mouvement. 

S'infuse dans ce programme, l’idée que la transmission de la culture n’est pas la formation de consommateurs pour les institutions culturelles, mais plutôt cette idée simple empruntée à Jean-Gabriel Carasso : « Réaffirmer à nouveau quelques idées fortes : c’est l’activité personnelle qui fonde notre rapport à l’art et à la culture ; (…) ; il est plus important d’apprendre à apprendre que d’accumuler des connaissances abstraites ;(…) ; l’important n’est pas d’accéder à la culture mais de pouvoir se construire par elle…bref, rappeler simplement que c’est par le partage que l’on transmet le mieux (…)»                      

En ce sens, ce programme est tourné vers celles et ceux qui souhaitent aiguiser leur regard, leur goût en matière de culture, d’art, de spectacle vivant et de danse, mais également vers celles et ceux qui, de prime abord, ne se sentent concernés ni par l’art ni par la culture ni par la danse, mais qui, par le simple élan de leur curiosité pourront suivre et observer les activités de Format, et peut-être s’engager dans un devenir de spectateurs. Il ne scinde pas en plusieurs catégories ses participants, ni n’en hiérarchise les apprentissages.

 

 // L’artiste

zoro2Chaque année, nous invitons des artistes d’ici et d’ailleurs qui contribuent à créer en Ardèche un foisonnement artistique à la hauteur de celui des grandes cités. De notre point de vue, le danseur est celui qui migre, parfois au gré des volontés politiques ou culturelles, cherchant des attaches pour travailler à bras-le-corps son nécessaire et obligatoire désir de mobilité interne. Il échappe pour bien des raisons à la sédentarisation, il est souvent celui qui, sans territoire géographique, signe par sa présence un territoire précieux : son territoire intérieur.

Les résidences mises en place sont voulues comme un véritable compagnonnage. Cette démarche implique également un engagement de l’artiste invité car il ne vient pas en terrain neutre. Il n’est pas en résidence isolée mais en connexion permanente avec des questions de réalités politique et de terrain.

Frédéric Werlé © DR

Ainsi artistes et Format se cooptent et s'engagent réciproquement sur les questions d’art chorégraphique. L’enjeu de cette démarche est de réinventer les manières de travailler et d’être ensemble, en faveur de la création et de la relation vivante qui s’y joue.