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Lettre ouverte à la profession
Dédié à Miguel ben assayag et Marc Chailan.
« ON LUTTE POUR UN DEFI EN SITUATION. »
 
Depuis l’ancrage sur cette idée simple, «Format œuvre a créer un territoire de danse », nous remettons chaque jour l’ouvrage sur son métier.
Qu’est ce qu’une structure comme celle de format qui est initiée, pensée, activée, par des artistes, qui cherche a être la plus minutieuse, la plus discrète et appliquée pour servir un projet chorégraphique au cœur d’un territoire et de son public ?
Format est un espace de réalisation, de création, de migration, de flux, de croisement.
Format est cette structure au contour progressif, flou et aigu.
Format est cet espace « entre ».
Format c’est un lien, de nature, de qualité, de facture mouvante.
Format est un lien.
Entre l’artiste et le public, entre le public et l’œuvre, entre la pensée et la culture, entre nous et les autres, entre notre pratique de la danse au quotidien et notre perception de notre environnement, entre le détail et le global.
A l’heure de la menace,
À l’heure où chacun d’entre nous, poursuit par des efforts « démesurés » son dessein, pour lui-même,
A l’heure où les budgets cultures sont ré-énoncés, effondrant peut être le tissu associatif,
Menaçant de fait ce que nous sommes tous, des associations,
A l’heure où bon nombre d’être nous se replie, se protéger pour survivre,
A l’heure où cette menace irrigue chacun de nos choix,
A l’heure où certains choisissent de réagir ou de ne pas réagir, car « celui qui réagit est par essence celui qui n’agit pas », FORMAT poursuit son sillage assidument….
De cette idée que la culture coute cher, qu’elle ne sert à rien, de cette idée qui nous laisse croire que l’art et la culture sont un luxe, nous la désossons, nous la désamorçons, et nous prenons à notre compte cette question fondamentale de l’AGIR.
La structure que nous énonçons à travers du projet Format, n’est pas une vindicte, ni une révolution. A travers Format, nous, artistes, amateurs de culture, public, agitons l’énergie vitale de l’élan, de la stimulation, du désir de se penser ensemble. Nous travaillons les mains dans la terre, les pieds ancrés dans ce territoire, que nous remercions, ici encore, des possibles qu’il nous offre.
C’est avec la joie que porte cette dimension de l’agir, que nous travaillons à l’agencement des différentes puissances qui nous traversent.
A ceux qui pensent que la culture et l’art sont des accessoires, à ceux qui pensent que le lien est optionnel et non substantiel, nous leur adressons par notre existence même, non pas une réponse mais un écho, une résonnance.
Et par cet écho lointain, presque inaudible dans le vacarme de l’information, à cela même, nous leur disons, que le jour où leur intérêt peut être cessera, que le jour où ils changeront de fonction ou de métier, que nous serons encore là, car notre présence est portée par notre désir vital de faire ce que nous faisons.  » 

Sophie Gérard - février 2012